Au regard des derniers évènements sur la scène politique internationale, le moment semblait opportun pour dresser le bilan d’une année Obama mais également pour mettre en relief les différentes critiques qui suivirent l’attribution du prix Nobel de la paix, au président américain, le 9 octobre 2009.
Un homme charismatique, porteur de mots d’espoir.
Le mardi 4 novembre restera longtemps gravé dans la mémoire américaine. En effet, il aura fallu attendre le 44è président pour que celui-ci ait la peau noire. « Enfin », diront certains, à juste titre d’ailleurs, considérant l’importance de la communauté noire et métisse aux Etats-Unis. Cette élection demeure un symbole, véritable aboutissement de la lutte contre le racisme.
C’est un homme à la silhouette élancée et à la voix chaleureuse qui a conquis le peuple américain. Barack Obama était ce personnage apprécié des foules, qui allait sortir l’Amérique de la tourmente économique et financière, mettre fin à la guerre en Irak et réformer l’archaïque système de santé de la première puissance mondiale.
En rupture avec « l’ère Bush », il considérait la contrainte écologique sous un nouvel angle et osait parler, de manière certes un peu utopique, d’un monde libéré des armes nucléaires. Alors, ce mardi 4 novembre tout semble possible et les américains s’écrient haut et fort : « yes, we can » !
Il naît alors un formidable espoir chez des millions d’hommes et de femmes, un espoir qui ne se borne pas aux frontières américaines mais qui s’étend jusqu’en Afrique, au Moyen-Orient…
Mais changer l’Amérique et a fortiori le monde est loin d’être chose facile, comme le sait M.Obama qui, dans sa jeunesse, s’est heurté à la difficulté de changer les choses dans les quartiers de la banlieue de Chicago. Un épisode de sa vie qu’il relate avec une certaine passion dans son autobiographie : Les rêves de mon père.
Cependant, à l’heure actuelle, les belles paroles du président américain perdent petit à petit de leur force face à un changement, qui partout se fait attendre.
Où sont les résultats concrets de tous ces beaux discours ?
Il m’est impossible de continuer sans revenir sur le prix Nobel de la paix, décerné à M.Obama, le 9 octobre 2009. Les nombreuses critiques survenues à cette occasion, qualifiant ce prix de prématuré et d’un peu trop optimiste, résument d’une certaine manière, peut-être un peu simpliste, la situation dans laquelle se trouve actuellement M.Obama.
Il est indéniable que les intentions du président américain apparaissent nouvelles et certainement à la hauteur de son Nobel. Il rompt en effet, avec cette forme d’unilatéralisme souvent reprochée aux Etats-Unis, en reconnaissant l’importance de puissances émergentes telles que l’Inde, la Chine ou le Brésil et le rôle fondamental que celles-ci se doivent de jouer dans un avenir proche. Aussi peut-on lire dans Le Monde daté du 4 novembre 2009 : « Du « Salam aleikoum » lancé aux musulmans à la célébration des « dons inépuisables » de l’Afrique, Obama l’Américain se veut un « citoyen du monde ». Rien à redire non plus du côté de ses intentions anti-nucléaires, ou de ses efforts pour la paix au Moyen-Orient.
Seulement, ceque l’on reproche au petit comité norvégien qui lui a attribué ce Nobel, est que « sur le terrain » rien n’a véritablement changé. Faut-il revenir sur son séjour décevant, du 15 au 18 novembre en Chine? Celui-ci s’est soldé sans qu’il n’obtienne l’appui politique chinois sur des dossiers brûlants tels que le nucléaire iranien ou nord-coréen, une sérieuse entrave au désarmement nucléaire mondial. Aussi, au Moyen-Orient, Israël poursuit-il impunément la colonisation de territoires palestiniens, narguant la volonté d’Obama de mettre fin à cette dernière dans une optique de paix.
On pourrait également revenir sur la stratégie militaire « bancale » et très critiquée de l’armée américaine en Afghanistan, qui est loin de faire l’unanimité des pays engagés dans la lutte contre les talibans.
Si au niveau mondial, les crises sont encore nombreuses, aux Etats-Unis le chômage est une réalité et la réforme du système de santé doit encore faire ses preuves…
Les critiques en réponse au prix Nobel d’Obama sont donc largement compréhensibles, mais face aux efforts et promesses faites par ce dernier, un Nobel « d’encouragement », comme certains le justifient, n’est pas non plus une mauvaise idée! Enfin, face à l’absence de résultat, on peut se demander si les attentes auxquelles Obama faisait face, n’étaient pas tout simplement démesurées.
Et s’il n’était qu’un homme?
Face à de tels enjeux, la déception, fille non désirée d’un immense espoir, devait inéluctablement voir le jour. Cependant, les reproches semblent déplacés; que croyait-on faire en jetant la lourde charge des problèmes du monde sur les épaules de cet homme? Lui tenir rigueur de la persistance des nombreuses crises mondiales n’a pas de sens. Certaines sont vieilles de plusieurs décennies et se trouvent être d’une effroyable complexité, notamment le conflit israélo-palestinien.
L’opinion s’est perdue dans l’illusion qu’à lui seul Barack Obama pouvait tout changer, mais c’était sans compter sur la divergence des courants politiques internationaux ainsi que sur le manque de maniabilité du sénat américain, en proie à toutes sortes de lobbysmes.
Il en ressort que son message est encourageant et que son manque de réussite, du moins pour l’instant, ne doit pas forcément signifier qu’il faut totalement le discréditer. Et quand bien même son mandat aboutirait à un échec cuisant, il aura au moins affiché une volonté sensiblement positive de faire évoluer de nombreux domaines alors qu’il y a à peine quelques années de ça, on pointait volontiers du doigt une Amérique irrespectueuse de l’environnement et abusant souvent de sa puissance militaire, dictant au reste du monde la conduite qu’il se devait d’avoir.
Michael

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